Road-trip dans les rizières du Nord du Vietnam


Au départ, notre projet était de partir dans la région de Sapa pour admirer les rizières en étage au cœur des montagnes. Cependant, sur les conseils avisés d’un ami vietnamien rencontré à Hanoï nous avons décidé de partir dans la région d’Ha Giang, tout aussi reconnue pour ses paysages grandioses et ses minorités h’mongs, mais sans les touristes! Voici quelques images capturées en vidéos. Détails, conseils, bons plans et photos à la suite de l’article.

 

-Du 20 au 23 novembre 2015-

Nous sommes partis avec un ami en bus de nuit depuis Hanoï (billet réservé auprès de notre auberge) pour un trajet de 9h jusqu’à Ha Giang.

 

Jour 1. 

 

La ville d’Ha Giang n’a pas un grand attrait touristique mais c’est le point de chute nécessaire pour louer des scooters et se préparer au road-trip. Malgré la barrière de la langue, nous nous faisons comprendre dans un café et on nous emmène à un hôtel (Hong Mngoc II). On loue une chambre assez basique à 300 000 dongs la nuit pour trois. Ensuite direction les agences de location de scooters. Après en avoir visité plusieurs et bien entendu négocié ardemment les prix, nous louons trois semi-automatique à 140 000 dongs la journée (un peu moins de 5 euros). Nous profitons de l’après-midi restante pour qu’Inês se familiarise à la conduite d’un scooter à vitesses et visiter les quelques rizières alentour. Déjà le ton est donné, des paysages splendides nous attendent !

 

 

Jour 2.

 

Nous partons le matin pour la boucle en direction de Dong Van. Dès le début,  les routes sont superbes et les paysages se succèdent. D’abord, une vallée verdoyante sillonnée de rivières et de rizières, puis, on attaque la montagne et ses nombreux pics. Après une longue journée, à cause de la fréquentation de la route et des nombreux arrêts que nous faisons pour admirer les paysages nous ne parvenons pas à rejoindre Dong Van. Nous décidons donc de nous arrêter à Yen Minh aux alentours de 16h30. Dans cette région de montagne, la nuit tombe très vite et comme les habitants vivent au rythme du soleil, les restaurants ferment tôt, mieux vaut donc s’y prendre assez à l’avance.

Nous trouvons d’abord une petite guesthouse où dormir mais nous avons du mal à nous faire comprendre par la propriétaire qui veut nous faire dormir à trois dans un même lit (barrière de la langue on vous dit !). Nous allons ensuite dans un hôtel, tout semble parfait jusqu’au moment où l’on nous demande la présentation d’un permis de séjour… Nous avions lu sur internet que nous n’en avions plus besoin maintenant mais apparemment c’est toujours le cas dans cette région frontalière avec la Chine.

Stupeur, comment trouver un hôtel sans ce précieux permis (au prix de 200 000 dongs) censé être obtenu auprès de la préfecture d’Ha Giang ? Finalement, après négociation, (le patron nous fait comprendre qu’il risque la prison…) une auberge  (Na Ma Motel) accepte de nous louer une chambre pour la nuit à condition de payer un supplément de 50 000 chacun. Cette acceptation rapide pour une si petite somme nous fait douter de l’obligation d’obtenir un tel permis, mais on ne saura jamais le vrai du faux…

Bref, nous passons tout de même la nuit dans une chambre finalement assez confortable pour 150 000 dongs chacun. Le soir nous mangeons du riz frit dans un petit restaurant du coin, pas mal du tout.

 

 

Jour 3.

 

Le lendemain nous nous levons tôt direction Dong Van. Sur la route nous croisons de nombreux petits villages h’mongs au cœur des plus hautes montagnes du Vietnam. Les rizières en étages s’étendent à perte de vue, à chaque virage la route découvre des panoramas époustouflants. Le charme opère, on est conquis par tant de beauté. On aperçoit de nombreux villageois habillés de colorés costumes traditionnels certains travaillant aux champs (notamment de très jeunes enfants) et d’autres faisant route à pied vers le marché hebdomadaire de Dong van. Etonnant comme leur vie parait si éloignée de la nôtre, rythmée par la culture du riz, aidés de leurs buffles d’eau. Sur les coups de midi nous arrivons au marché. On y trouve de tout, les h’mongs s’y rendent à pied pour vendre le fruit de leur travail : riz, bétail, artisanat local. Nous restons pour manger, on achète des produits nouveaux pour nous mais tous excellents (beignet de riz et de viande, riz collant sucré, soupes, bananes, clémentines). Il y en a vraiment pour tous les goûts. Encore une fois, le plus est que nous sommes les seuls occidentaux, bref, le vrai voyage et l’aventure !

 

 

Après cette pause nous reprenons la route en passant par le col de Ma Pi Leng (l’un des quatre plus hauts du Vietnam), d’où l’utilité de prendre des scooters semi-automatiques pour passer les rapports adéquats dans les montées. Cependant, au bout d’un moment la route devient difficile dans cette seconde partie de la boucle car la chaussée devient quasiment inexistante et jonchée de nombreux trous.

Néanmoins, nous y survivons et arrivons entiers à Bao Lam en début de soirée. On choisit un hôtel (Nha Nghi) pour 100 000 dongs chacun. Cette fois on ne nous demande aucun permis… Nous mangeons une soupe locale de noodles de riz et viande, encore une fois excellente !

 

Jour 4.

 

Dernier jour, nous partons le cœur lourd et la tête pleine de souvenirs en direction d’Ha Giang où nous attend notre bus de nuit pour Hanoï. La fin de la route est là aussi magnifique descendant tranquillement vers les vallées verdoyantes. On traverse des petits villages aux maisons de bois apercevant le mode de vie de la région. Nous arrivons à Ha Giang en milieu d’après-midi, le temps de rendre les scooters et de se restaurer avant de prendre notre bus.

 

 

〉〉〉   En bref

 

Ce road-trip a été une authentique expérience de voyage. Le dépaysement et l’immersion furent au rendez-vous. Malgré la barrière de la langue nous avons su nous débrouiller parfaitement pour parvenir à notre but. Nous avons pu découvrir le quotidien des populations. De plus, voyager à trois nous a donné une force supplémentaire pour négocier les prix et ainsi diviser nos dépenses. Cette expérience restera à jamais gravée et nous ne pouvons que conseiller aux voyageurs d’aller dans cette région. Elle a autant à offrir que Sapa mais sans les aspects négatifs que peuvent engendrer le tourisme de masse. Nous conseillons à ceux voulant s’y rendre d’essayer d’y rester une semaine entière pour prendre le temps de bien tout découvrir. Prochaine étape, la baie d’Halong, maritime et terrestre.